Les masculinistes épinglés par Le Canard Enchaîné

dossiers-nouveaux-reacsEn octobre 2013, Le Canard Enchaîné consacrait l’un de ses dossiers aux « nouveaux réacs ». Sous le titre « Masculinistes, le fait des pères », les masculinistes s’y retrouvent à juste titre épinglés, au milieu de nombreux autres « portraits » d’acteurs du mouvement réactionnaire qui sévit en France depuis quelques années (catholiques intégristes, droite décomplexée, « écolos » perdus, et autres vedettes de la polémique…).

Patrick Guillot, idéologue masculiniste, animateur du « Groupe d’Etude contre les Sexismes » et du site internet « La cause des hommes », cité dans l’article, peut bien feindre l’étonnement d’être ainsi brocardé 1, il n’échappera à personne que le masculinisme s’intègre à la lame de fond réactionnaire. Nous rejoignons bien Le Canard Enchaîné sur ce constat.

En revanche, quelques approximations auraient dû être évitées. On lit par exemple que les masculinistes « se sont infiltrés chez les pères en colère ». Nous pensons plutôt que les activistes des « droits des pères » font partie intégrante de la mouvance masculiniste. Ils en sont même des portes-étendards. Il ne faudrait donc pas fantasmer une stratégie d’entrisme de la part de quelques antiféministes cherchant à manipuler de pauvres pères. Certes la cause des pères possède ses leaders, dont la verve n’est pas sans effet sur le gros des troupes, mais la plupart des pères perchés partagent la même vision. Ils déblatèrent, sans y être poussés, des discours victimisants, antiféministes ou misogynes : dernier exemple en date, des activistes de la cause des pères ont occupé le 20 décembre 2013 le clocher d’une église à Bastia sous la banderole « La justice travestie (sic) les faits. Le féminisme tue nos enfants et la démocratie ». Ce slogan masculiniste aurait bien pu se retrouver sur tous les perchoirs occupés par les activistes de la cause des pères en 2013.

Enfin, la conclusion de l’article, dans le plus pur style du Canard, est déplorable : « Les féministes se rassureront en se disant que plus les hommes lutteront pour défendre leur position dominante, plus ils renforceront les stéréotypes, et plus les juges estimeront qu’un enfant doit être élevé par sa mère. Comme quoi la réaction peut aussi avoir du bon ! ». Pour certains journalistes, il est donc grand temps de revoir quelques fondamentaux : les féministes n’ont jamais lutté pour que les enfants soient élevés uniquement par leur mère, mais bien pour une répartition égalitaire des tâches domestiques, et une implication réelle des hommes dans le soin et l’éducation des enfants. Le « satyrique » ne vise pas toujours juste… A bon entendeur !

 

1 Selon lui, « on ne voit guère ce que le GES vient faire dans un dossier sur les ‘nouveaux réacs’ . Son point de vue y est cependant présenté, dans un article superficiel et ironique». http://www.g-e-s.fr/base-de-documentation/references/le-ges-dans-les-medias/

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