Rassemblement contre une conférence masculiniste (10/10/2013)

Masculinistes pendant la quinzaine de l’égalité femmes / hommes : appel à rassemblement, ne laissons pas faire !

Jeudi 10 octobre 2013 à 20h30 à la Maison des Associations de Grenoble, l’association « Père Enfant Mère » organise une conférence-débat autour du thème « l’égalité parentale par la résidence alternée ». Durant la soirée interviendront des militants masculinistes notoires :

Le président de « Père Enfant Mère » n’est autre que René Forney, qui s’est distingué en occupant cet été la cheminée de l’usine de chauffage d’Eybens, inscrivant Grenoble sur la carte de France des « pères perchés ». René Forney est par ailleurs l’animateur de plusieurs sites conspirationnistes et n’hésite pas à s’allier avec l’extrême droite. Continue reading

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Pères perchés à Grenoble : stop à la duperie

imageForneyEybensDepuis le 5 juillet, au sud de Grenoble, trois hommes occupent le haut de la cheminée de la Compagnie de chauffage urbain. Ils se présentent comme des victimes de la Justice qui “bafoue les droits des pères”. Les militants de la « cause des pères » n’en sont pas à leur premier coup d’éclat. Depuis le mois de février, une poignée d’activistes de la mouvance masculiniste (1) multiplie ce type d’actions “perchées” en se présentant comme des “papas lésés” afin d’émouvoir l’opinion publique. Mais nous ne sommes pas dupe. Stoppons l’offensive masculiniste dont Grenoble est aujourd’hui le théâtre !

En février dernier à Nantes, deux hommes ont occupé pendant plusieurs jours deux grues désaffectées. Ces deux pères estimaient être privés de leurs enfants, victimes d’un pouvoir judiciaire qui détruirait l’ensemble des pères divorcés. Depuis, de nombreuses actions du même type ont eu lieu dans diverses villes de France, certaines simultanément lors de ce qu’ils ont nommé le « printemps des pères ». Le procédé est maintenant rôdé : un ou plusieurs hommes escaladent et occupent pendant plusieurs jours une grue ou un édifice élevé, y accrochent des banderoles, et demandent à être mis en relation avec les institutions afin que leur dossier de divorce soit révisé. Ils réclament par ailleurs que la loi soit modifiée pour que la résidence alternée soit mise en place de manière obligatoire pour tous les cas de séparation. Continue reading

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Masculinistes au 1er mai : quelques éclaircissements

A Grenoble, lors de la manifestation du 1er mai, nous avons eu la désagréable surprise de constater la présence de masculinistes.

Le « masculinisme » ? C’est un mouvement organisé d’hommes hostiles à l’émancipation des femmes, souhaitant conserver leurs privilèges et leur position de pouvoir au sein de la société. Certains ont récemment fait parler d’eux en occupant des grues à Nantes, d’autres en montant sur la cathédrale d’Orléans. Ces actions spectaculaires ont malheureusement déclenché la sympathie des médias, et permis de mettre sous les feux des projecteurs un des thèmes favoris des masculinistes : les « droits des pères ». Continue reading

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“Cause des pères” ou offensive masculiniste ? Un rhônalpin en haut d’une grue

Ce weekend du 16 février 2013 ont eu lieu à Nantes des actions que les médias attribuent aux militants de la « cause des pères » et que nous qualifions de masculinistes (1). Nicolas Moreno, l’un des deux « pères en colère », vit à Romans-sur-Isère et s’est déjà illustré par des actions devant les tribunaux de Valence et Grenoble…

Vendredi 15 février 2013, Serge Charnay, un homme de 42 ans, monte sur une grue des anciens chantiers navals de Nantes, où il déploie une banderole sur laquelle on peut lire « Benoit, 2 ans sans papa ». Samedi 16 février, Nicolas Moreno, membre des associations de « droits des pères » SVP papa et SOS papa escalade lui-aussi une grue et déploie deux banderoles « pères en galère, pères solidaires » et « père un jour, père toujours ». Il descendra quelques heures plus tard, alors que Serge Charnay sera resté quatre jours sur son perchoir, après avoir tagué l’inscription « sauver nos enfants de la justice ». Ces deux pères estiment être privés de leurs enfants, victimes d’un pouvoir judiciaire qui détruirait les pères. Continue reading

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Avant de parler de “violences sexuelles au féminin”…

Le CRIAVS Rhône-Alpes* organise à Grenoble (au Centre de congrès du World Trade Center), le vendredi 3 février 2012, une journée d’étude sur les « violences sexuelles au féminin ».

« Violences sexuelles au féminin » ? De quoi parle-t-on au juste ? Des violences sexuelles dont se rendent coupables des femmes ? Cet intitulé tendancieux nous a interpelé. En consultant le programme, on constate que cet évènement « scientifique » peut être propice à l’expression d’idées masculinistes et antiféministes. D’autant plus que parmi les intervenant.e.s de cette journée d’étude, certain.e.s ont signé des textes ou pris des positions qu’on estime, sinon dangereuses du moins très ambiguës (l’historien Christophe Régina et la professeure de psychologie Patricia Mercader).

Nous avons donc voulu exprimer notre inquiétude. En effet, dans un contexte où progressent les idéologies réactionnaires, il est à la mode de faire la chasse aux soit-disantes « idées reçues » et autres « éternels préjugés ». Il faudrait donc chasser nos idées toutes faites sur les relations hommes-femmes, parler des « discriminations méconnues » que subiraient les hommes, et stigmatiser les « comportements violents » des femmes qui se cacheraient derrière leurs figures d’ange. Cette mode qui prétend lever les tabous et parler de ce qui serait passé sous silence est dangereuse. Avec cette mode « anti-politiquement correct » c’est la réalité même de la domination qui disparaît sous un épais écran de fumée. Continue reading

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Quand la mairie de Grenoble déroule le tapis rouge aux masculinistes

des-hommes-en-vraiLe lundi 3 janvier 2011 avait lieu à la Cinémathèque de Grenoble, une soirée projection-débat autour du film « Des hommes en vrai », un film documentaire réalisé par François Chilowicz (1). Cette soirée était organisée par la mairie de Grenoble dans le cadre de son « plan de lutte contre les discriminations » – ce plan comporte un volet « genres ». La mairie avait manifestement à cœur, ce soir-là, de mettre en lumière les souffrances et les formes de discriminations « atypiques », à commencer par celles qu’endurent… les hommes. Après avoir mené de rapides recherches sur le « Réseau Hommes » qui participait aussi à cette soirée, on pensait qu’on aurait probablement affaire à quelques masculinistes (2). Mais pour dire vrai, nous ne savions pas vraiment où nous allions mettre les pieds…

Sur le film :

Le documentaire est composé de six témoignages/portraits d’hommes, accompagnés d’une voix off, le tout particulièrement insupportable, tant dans la construction que dans le contenu. Loin de simplement questionner l’évolution de « l’identité masculine », le film est en fait un véritable plaidoyer masculiniste. Certes, dans le film, on entend des hommes qui s’interrogent sur leur place dans la société, ce qui est bien séduisant. A première vue, on pourrait se dire : « Chouette, les hommes changent, ils sont plus sensibles, ouverts à la tendresse entre eux, et désirent enfin s’occuper de leur progéniture ! » Mais une fois posé ce charmant décor, c’est à une séance d’hypnose collective que nous avons assisté. En se concentrant sur des thèmes en apparence consensuels tels que la garde des enfants en cas de divorce ou la possibilité d’exprimer sa sensibilité, le documentaire cherche à nous attendrir et à paralyser notre esprit critique. A travers des ficelles émotionnelles grossières(3), on nous invite à croire que ces hommes, et les hommes en règle générale, sont avant tout les victimes d’un système dans lequel les femmes ont pris le pouvoir.

En filigrane, le film défend cette thèse réactionnaire : le féminisme est allé trop loin. Des années de féminisme et de lutte pour l’égalité des droits et l’émancipation des femmes auraient causé du tort aux hommes assaillis par un profond mal-être. Outre des assertions à l’emporte pièce sur la Justice des affaires familiales (JAF) accusée de sexisme à l’encontre des hommes, on retrouve dans ce film des propos gravissimes, comme ceux de ce type qui impute la responsabilité à une femme d’avoir poussé au suicide le père de ses enfants. Au cours des témoignages, l’ennemi est clairement désigné : « la femme », « les femmes », « la féminité », « le féminin », « le féminisme », « la mère », etc. : dans la bouche de ces hommes, ces termes lâchés indifféremment désignent tous une même entité oppressive. De la crise de la masculinité jusqu’au pouvoir des femmes hostiles aux hommes… on est bien en terres masculinistes !

Assis.es sur nos confortables sièges de cinéma, notre petite grappe de potes bondit régulièrement : on s’échange quelques commentaires à voix basse, on peste. On rit aussi, notamment de la piètre qualité de ce documentaire, en s’amusant à parodier la voix off. En tous cas, au fil des minutes, nous comprenons que la teneur politique de cette soirée est bien pire que celle à laquelle nous nous attendions. On a droit à toutes les références et à l’argumentaire classique du mouvement masculiniste : lutte pour les « droits des pères », réaffirmation de rôles sociaux en fonction du sexe, stéréotypes de genres, négation du caractère social et politique des violences faîtes aux femmes, relativisme quant au sexisme et aux rapports de genre, ou encore inversion pure et simple de la réalité avec l’affirmation que les femmes dominent dorénavant la société. Les rancœurs s’expriment et le discours tenu nous semble alors particulièrement grave. Quand les lumières se rallument, certain.e.s d’entre nous sont pour le moins tendu.e.s.

Faux débat et vrai exercice de propagande :

Commence alors une mascarade tout sauf drôle, où nous allons jouer un rôle désagréable, et ce bien malgré nous. Eric Verdier fait son apparition et se présente, devant l’écran. En tant qu’homme interviewé dans le documentaire, il a été invité par la mairie pour défendre le film et jouer le rôle d’interlocuteur du public(4). Nous apprendrons plus tard, au gré de quelques recherches, que le bonhomme est bien moins « innocent » qu’il n’en a l’air : psychologue, président d’association de droit des pères, consulté par le Sénat, il a de la ressource et maîtrise bien son sujet. Nous nous rendons compte que nous n’allons pas procéder à un débat, mais à une série de questions-réponses avec le sieur Verdier. Les personnes qui demandent le micro sont simplement touchées par le film. Nous sommes atterré.e.s. Rapidement, un homme du « Réseau Hommes Rhône-Alpes » prend la parole. Il fait de la pub pour ce qu’il présente comme « un groupe de parole » et tient à la disposition du public le journal du Réseau et quelques tracts invitant celles et ceux qui le souhaitent à rencontrer le « responsable » présent dans la salle. Encore une fois, la mauvaise foi est de mise : ce groupe, qui sur son site internet(5) se défend d’être une organisation masculiniste, possède pourtant toutes les références idéologiques de cette mouvance.

Nous ne voulons plus tenir notre langue et retenir notre colère. Plusieurs d’entre nous prennent la parole, avec ou sans micro. Nous dénonçons l’idéologie sous-jacente du documentaire, les positions politiques qui y sont défendues, nous interpellons le Réseau Hommes et nous pointons le fait que sous des airs gentillets le film et ce semblant de discussion proposent une vision biaisée de la réalité sociale. Deux d’entre nous – les garçons – pourront aller au bout de leurs interventions. Les filles, quant à elles, seront ignorées, coupées, raillées et violemment invectivées. Le débat est impossible. Eric Verdier, en maître de cérémonie, accrédite ou discrédite les interventions, déclare quand il le souhaite que « là, on peut applaudir » et nous assène des phrases telles que « le problème c’est la domination matrile. […] Il faut lutter contre la toute-puissance des mères ». Un autre : « Il faut arrêter avec la concurrence entre les sexes au sujet de la violence ! ». Organisateur de cette soirée et chef de projet « lutte contre les discriminations » de la ville de Grenoble, Edwin Hatton est complètement dépassé. Nous nous énervons, haussons le ton. L’ambiance se tend, s’envenime, et ceux qui sont désormais nos adversaires sortent parfois de leurs gonds. Verdier nous explique qu’ils ne sont pas masculinistes mais « hoministes », ridicule distinction de vocabulaire pour un même contenu politique(6). Les masques tombent et la discussion est impossible. Excédé.e.s de ne pouvoir nous exprimer, nous décidons de quitter la salle. Avant que nous sortions définitivement, un responsable du Réseau Hommes envoie un de ses émissaires pour se renseigner sur nous, nous demandant à quel « groupe politique » nous appartenons. Enfin un homme se lève, il déclare : « Je m’en vais, mes filles ont été séquestrées pendant quinze ans, je m’en vais les rejoindre. » Verdier fait un commentaire, la salle applaudit. Nous partons.

En y réfléchissant…

A titre de comparaison, imaginons un instant une soirée sur le thème du racisme, co-organisée par la mairie et des militants locaux d’un parti d’extrême-droite, pour parler du racisme de manière « atypique ». Au cours de la soirée serait projeté un documentaire présentant des personnes se considérant comme françaises « de souche » qui nous parleraient de leurs difficultés à exister dans la société actuelle, voire évoqueraient le fait que les non-blancs aient pris le pouvoir. Le débat partirait ensuite, dans un consensus poli, sur la notion de « racisme anti-blancs ». C’est presque ce que nous avons vécu.

Il nous aura fallu un peu d’esprit critique, quelques recherches et le courage de s’exprimer en public pour tenter de démonter le côté « bon-enfant » de cette soirée, et mettre à jour les positionnements politiques – jamais assumés comme tels – des personnes qui l’ont portée. Cela n’a pas été chose aisée, et nous avons pu constater que toute la force du discours masculiniste réside dans son pouvoir de séduction et des méthodes de communication. En utilisant des ressorts émotionnels bien connus, en psychologisant les questions sociales, et en reprenant à leur compte le vocabulaire issu des recherches féministes, ce discours contribue à brouiller les pistes. Ne pensons pas que nous avons eu affaire à d’inoffensifs petits groupes de paroles d’hommes « en souffrance ». La plupart de ces collectifs, constitués en réseau, pratiquent un lobbying médiatique et politique féroce dont le but est de revenir sur des droits acquis (en matière de violence conjugale, de séparation et  de garde des enfants, etc.) et de nier la réalité des violences et de la domination masculines. A nous de faire obstacle à la progression des idées réactionnaires (antiféministes, anti-femmes) de ces hommes…en vrai.


(1) http://blog.france2.fr/deshommesenvrai. Le documentaire a été diffusé à la télévision, sur France 2, le jeudi 11 juin 2009, en deuxième partie de soirée, avec une audience de près d’un million de personnes.

(2) Le masculinisme est un mouvement organisé d’hommes hostiles à l’émancipation des femmes, se présentant comme des victimes (des femmes, du féminisme, etc.) et souhaitant conserver leurs privilèges et leur position de pouvoir au sein de la société.

(3) Évocations de drames personnels (suicide d’un fils, mort récente du père…), gros plans sur des hommes qui se mettent à pleurer, musique mélodramatique traînante, etc.

(4) Le réalisateur du film, par contre, n’est pas présent et ne peut expliquer ses choix de témoignages.

(5) http://www.reseauhommes.com

(6) L’hominisme n’est rien d’autre que le terme employé par les masculinistes pour s’auto-désigner de manière moins connotée, mais qui est politiquement équivalent en tous points. Un des principaux animateurs de ce courant de pensée est le psychologue québécois Yvon Dallaire. Parmi les dix points du « manifeste hoministe », on peut lire notamment : « 8. Les hoministes dénoncent la montée en force des idéologies misandres. Ils réaffirment leur existence masculine comme aussi fondamentale et importante que l’existence féminine. Attachés à l’égalité des genres et des sexes, ils combattent fermement tout déni, discrédit, discrimination, accusations et réécritures de l’histoire diffamantes à l’encontre de la moitié masculine de l’humanité. 9. Se fondant sur de nombreuses enquêtes officielles, les hoministes affirment que les comportements violents, sous des formes différentes mais dans les mêmes proportions, sont le fait des deux sexes. Ils demandent que soient reconnues et combattues les violences contre les hommes, comme le sont les violences contre les femmes. »

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